L’identité et l’incertitude

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Il est intéressant de constater à quel point la notion d’identité est liée à celle de certitude et que c’est dans un contexte de doute et d’incertitude que la notion d’identité est la plus remise en question.

À cet égard, il est maintenant de notoriété publique que l’apparition de post-vérités résulte de la montée en puissance de l’usage social d’internet, notamment de la blogosphère et des médias sociaux. Dès lors, nous assistons à l’émergence d’un terrain particulièrement fertile à l’établissement de croyances et de certitudes factices par rapport auxquelles les faits objectifs ont moins d’influence que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles. En effet, l’accès à l’information est dorénavant caractérisé par l’usage d’algorithmes dont l’objectif est d’acheminer le contenu en fonction des intérêts des internautes indépendamment de leur véracité.

 

Or, ce qui retient mon attention en tant qu’artiste, réside principalement dans le malaise profond qui imprègne cette ère post-moderne et de post-vérité, une situation qui entraîne une acatalepsie, un état d’incompréhension dans lequel l’on suspend son jugement et où l’on ne croit plus en rien. 

 

Considérons que la notion d’identité se décline tant au niveau subjectif, de l’être et du rapport à soi, qu’au niveau objectif dans les multiples rapports de similitudes qu’entretiennent entre eux diverses identités sociales : identité vis-à-vis l’autre à travers des classifications, des statuts sociaux, professionnels, culturels, ethniques, religieux, politiques voire géographiques. Par analogie, la notion d’identité se présente alors comme une construction en paliers multiples et superposés présentant une certaine sédimentation et un amalgame de leurs différentes formes de manifestations. 

Considérons maintenant que l’identité soit indissociable par sa nature de celle de certitude. La spécificité identitaire se précise alors dans la différenciation manifestée par rapport aux autres spécificités dont elle se démarque. Ainsi l’on peut constater que la croyance de l’un exclue celle de l’autre, par exemple avec la notion de peuple distinct utilisée dans le cadre du référendum québécois de 1995 qui écartait en quelque sorte, les autochtones et les minorités ethniques du débat.

 

Ce qui m’interpelle au plus haut point, c’est précisément cette notion de certitude ainsi que son corolaire, l’incertitude identitaire. Apparaissant sous la forme d’un conflit à la fois individuel et collectif, l’incertitude qui se manifeste dans divers états d’opposition me touche profondément. Il en est ainsi des polémiques entourant la crise pandémique, les théories du complot ou le racisme systémique par exemple. Considérée au sens large, la notion d’identité guide ma propre quête de sens vers une réflexion à propos de ce sentiment d’incompréhension, amplifié par la colère, la peur, la tristesse, la rancune et le dégout, des émotions qui s’expriment trop souvent par l’agressivité, la violence et le déni de la vérité.

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